Par la Revue critique des idées et des livres
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automne
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La rivière paisible au pied de l’Hôtel-Dieu, C'est la ville d'octobre et ses toitures cuites. Quelques pins couronnant un coteau jaune et bleu, Le vol blanc des pigeons, l'incertaine fumée Et son amère odeur, des roseaux, un labour, C'est la campagne autour de la ville embrumée A peine quand fraîchit, mauve, la fin du jour; Mais je pense aux printemps gris et verts, à leur sève, En suivant le chemin qui tourne et reparaît, Et ma jeunesse et ses amours sont comme un rêve Où la vieille Cité doucement m'apparaît. |
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jean lebrau (1891-1983). Poèmes (La Muse française, janvier 1922).
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évasions
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Où s'éveillait Avignon, De la brune carminée Qui refaisait son chignon Au miroir de la fenêtre, J'accueille le souvenir. Ce doux temps ne peut renaître Ni jeunesse revenir. Comme revient l'hirondelle Avec la belle saison, A son nid toujours fidèle Sous le toit de la maison. Las ! aux peupliers du Rhône Chaque printemps clair me vieillit; J'aime mieux la rose jaune Qu'un ami pour moi cueillit Loin du fleuve et de vos belles, Villes aux pâleurs d'amour, Tandis que les hirondelles Désertent nos fins de jour. |
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jean lebrau (1891-1983). Le Divan (1937).
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béarn
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Province que j'abandonne, Ni la première anémone Aux tiédeurs de février Parmi les vignes éclose Sur le penchant du verger Ni la chanson du berger Pour une fille plus rose Que la belle fleur du soir Dans les rameaux nus encore. Et d'une fraîcheur d'aurore, Ce chant de timide espoir Modulé sur la prairie, Province aux hivers si doux Luisant aux feuilles du houx Alors que le pivert crie ! |
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jean lebrau (1891-1983). Béarn (1931).
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