Par François Lalo
Jean Ferrat est mort samedi, dans ces montagnes de l'Ardèche qu'il aimait et qui lui servaient de refuge depuis quarante ans. Si sa France n'avait pas toujours le même visage que la nôtre, si elle répondait parfois du nom de Robespierre, là où nous lui donnons plus volontiers le sourire d'Henri IV, la candeur de Jeanne ou la haute figure de Richelieu, c'était bien au fond le même pays. Sa voix familière enchanta notre jeunesse des poèmes d'Aragon. Elle vibra en 1968, reflétant les luttes et l'espoir de la jeunesse, de la nouvelle classe ouvrière, de ce peuple du travail qui construisit de ses mains les usines que la bourgeoisie ferme où délocalise aujourd'hui. Son regard clair, son port de mousquetaire et son bonheur de vivre étaient aussi de chez nous. Salut, camarade !
Paul Gilbert.
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