Par la Revue critique des idées et des livres
fête | ||
Dans la cité des citronniers Le jour où les reines entrèrent, L'azur vert des paons familiers Rouait au haut des belvédères. Les baguettes des timbaliers Sonnaient sur la peau des nacaires, Le soleil faisait flamboyer Les tromblons roux des trabucaires. Les mules des litières closes Foulaient dans la poussière rose Des grenades sanguinolentes. Et lorsque la nuit eut croulé Sur la ville et ses blancs palais Il plut des étoiles filantes. | ||
léon vérane (1886-1954). Dans le jardin des lys (1917). | ||
d’un soir à montparnasse | ||
Chabaneix, vous souvenez-vous De la gargote à Montparnasse, De ces flacons de vin d’Anjou, De cette maritorne grasse. Et de ces Bretons aux yeux bleus Qui lampaient le cidre et la fine En évoquant des soirs pompeux Sur le Gange et les mers de Chine ? La fuite des autos dehors Vibrait du long cri des sirènes Et les trottoirs monnayait l’or Du gaz et de l’acétylène. Nous nous citions Ronsard, Catulle, Tristan, Théophile et Villon. Et le mastroquet ridicule Prenait un faux air d’Apollon. Reverrons-nous un soir semblable, Philippe en quelque cabaret, Ivres, les coudes sur la table, Tels Saint-Amant avec Faret ? Et le signe clair de la Lyre Fera-t-il encor, indulgent, Luire sur notre beau délire Vingt et une étoiles d’argent ? | ||
léon vérane (1886-1954). Images au jardin (1921). | ||
cerf en automne | ||
Pour Tristan Derème. Ce matin où nul cor ne corne Aux forêts d'or mort décorées L'automne somptueux et morne A toutes feuilles essorées. Et la perspective dorée Toute en la courbe de ses cornes Le cerf apparaît à l'orée De la solitude qu'il orne. | ||
léon vérane (1886-1954). Le Livre des passe-temps (1930). | ||
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