Par la Revue critique des idées et des livres
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ronde des signes | ||
Hé ! Hé ! Si Mars est dans la Lune, Tu peux rire de ma colère Hé ! si la Lune est dans Saturne, Crains ce rêve qui persévère. Hé ! Qu'arrive-t-il, compagnons ? Hé ! par les cornes du Taureau, C'est le soleil qui tombe à l'eau, A l'eau qu'habitent les Poissons Et je ne sais, Soleil et Lune Qui me regardez à cette heure, Si je me noie ou si je brûle Et si je raille ou si je pleure. Douze Maisons sont tout en rond Et les danseurs y sont nombreux. S'ils se bousculent ? Hé non, non ! Mais quel danseur chérir le mieux ? Hé ? toi qui n'aimes point voir double Et qui tranches tout avec morgue, Me choisiras-tu dans la troupe Une seule âme, ô psychologue ? | ||
fernand divoire (1883-1951). Inédit (1913). | ||
rondel de certains chats | ||
Ces grands chasseurs câlins qui rêvent de conquêtes Sommeillent, ongles fins crispés dans le velours, Mais dans l'ombre où leurs corps s'étirent, chauds et lourds, Ils ont l'orgueil malin des revanches secrètes. Bourgeoisement, au pied des grands fauteils honnêtes, Limités aux murs clos, goûtant le demi-jour, Ces grands chasseurs câlins qui rêvent de conquêtes, Sommeillent, ongles fins crispés dans le velours. Ils gardent pour eux seuls leurs rites et leurs fêtes, Souvenirs de galops éperdus et d'amours Dont ils guettent, soumis et têtus, le retour, Les muscles attentifs et les vingt griffes prêtes, Ces grands chasseurs câlins qui rêvent de conquêtes. | ||
fernand divoire (1883-1951). Le Divan (1910). | ||
le voyage de l'âme | ||
En deux troupes vont les âmes des morts. L'une s'attache, obstinée, à la terre; Autour de nous, lourde, affligée, elle erre. Et l'autre, au sûr et prompt essor, Forme des chœurs et des rondes splendides Dans la lumière où vit pour le total accord Chaque étoile et son nombre et son chantant essor. Errant, errant, avoir un guide ! | ||
fernand divoire (1883-1951). Orphée, (La Renaissance du Livre, 1922). | ||
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