Par la Revue critique des idées et des livres
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sonnet
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Je veux courir en Bièvre et je boucle mes guêtres Mais, quand je poursuivrai l'ase ou la perdrix grise, Viendrez-vous pas ici chasser la Peine, assise Au seuil empoussiéré de la maison sans maîtres ? Je vous réserverai — vous connaissez les aîtres — Cette chambre carrée où vous plaît une frise Multipliant la nymphe hostile à l'entreprise — Où le rosier grimpant a cerné la fenêtre. Vous aurez le miroir qui sait votre visage Depuis longtemps déjà, le lit, le paysage Et le jardin noyé, ce soir, de brume basse. Vous aurez le verger, les raisins de septembre. Et la maison, le parc, la cueilleuse, la chambre Enchanteront mon rêve aux loisirs de la chasse. |
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Jean Pellerin (1885-1921). Le Bouquet inutile (1923).
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bohême
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— Nous n'entendrons plus ta chanson, Marchande, « belles fraises », Ni ta trompette à l'aigre son, Doux rempailleur de chaises ! — Prépare l'omelette au lard, Je vais plier les nappes. — Oh ! ces écharpes de brouillard Sur mon quai de Jemmapes. — Ou sont les restes du pâté ? — Où, tes rires, faunesse ? — J'ai perdu la passoire à thé. — J'ai vécu ma jeunesse... Nos premières heures d'amants Ses baisers d'étourdie, Rêve !... — Deux déménagements Valent un incendie. |
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Jean Pellerin (1885-1921). Le Bouquet inutile (1923).
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la nuit d'avril
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Je ne me suis pas fait la tête de Musset, Je tartine des vers, je prépare un essai, J'ai le quart d'un roman à sécher dans l'armoire. ... Mais que sont vos baisers, ô filles de mémoire! Vous entendre dicter des mots après des mots Triste jeu ! ... Le loisir d'été sous les ormeaux, Une écharpe du soir qui se lève et qui glisse… Des couplets sur ce bon Monsieur de La Palice Que répète un enfant dans le jardin couvert Ce crépuscule rouge, et puis jaune, et puis vert... ... Une femme passant le pont de la Concorde ... Le râle d'un archet pâmé sur une corde, La danse, la chanson avec la danse, un son De flûte, sur la danse entraînant la chanson, Ce geste d'une femme et celui d'une branche Ah ! vains mots ! pauvres mots en habits du dimanche Ah ! vivre tout cela, le vivre et l'épuiser !... Muse, reprends mon luth et garde ton baiser ! |
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Jean Pellerin (1885-1921). Le Bouquet inutile (1923).
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