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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 21:05
Corona & Coronilla,                
poémes à Jean Voilier 
                  


de Paul Valéry

Mis en ligne : [23-02-2009]

Domaine : Lettres


 

Paul Valéry (1871, 1945) est l'immortel auteur de la Jeune Parque (1927) et de Charmes (1922). On lui doit aussi de nombreux essais et dialogues parmi lesquels : l'Introduction à la méthode de Léonard de Vinci (1895), la Soirée avec M. Teste (1896), Eupalinos ou l'Architecte (1923), l'Âme et la Danse (1923), Dialogue de l'Arbre (1943). Reçu à l'Académie française en 1925. 

 


Paul Valéry, Corona et Coronilla, poèmes à Jean Voilier, Paris, Editions de Fallois, Novembre 2008, 240 pages.

 

150 poèmes inédits écrits par le poète de 1938 à sa mort en 1945, pour l'un de ses derniers amours, Jeanne Loviton, romancière et éditrice dont le nom de plume était Jean Voilier. Avril 1945 : Jeanne Loviton - de son nom de plume Jean Voilier - était venu annoncer à Paul Valéry leur rupture. C'était le jour de Pâques, "ce jour de la Résurrection qui fut pour moi celui de la mise au Tombeau". Le 22 avril était aussi un dimanche. Le dimanche, il le passait habituellement avec Jeanne, chez elle, dans le jardin d'Auteuil. Le dimanche était "leur jour". Ce dimanche-là, il le passerait seul. Pour tromper la solitude ou pour rester encore avec elle, il ouvrit l'enveloppe qui contenait les poèmes de Corona, et il les relut.oici un cas unique dans l'histoire des Lettres : des vers qu'un grand poète a voulu relire une dernière fois avant de mourir, qu'il a commentés pour nous avec une émotion tendre, une ironie teintée d'amertume, et auxquels il a dit adieu comme à des amis.

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 21:04
Le livre de ma vie                                                                        

de Anna de Noailles

présenté par François Broche

Mis en ligne : [12-02-2009]

Domaine : Littérature


 

La comtesse Anna-Élisabeth de Noailles, née princesse Bibescu-Bassaraba de Brancovan, (1976, 1933) est une poétesse et romancière française.  D'origine roumaine et grecque, mais de culture française, elle fut au centre de la vie intellectuelle et mondaine de Paris au début du XXème siècle. Son oeuvre, passionnée, développe d'une manière très personnelle les grands thèmes de l'amour, de la nature et de la mort: le Coeur innombrable (1901), l'Ombre des jours (1902), les Eblouissements (1907), les Forces éternelles (1921). Elle publia également des romans (le Visage émerveillé, 1904) et des souvenirs.

Auteur d'une biographie de référence, Anna de Noailles, un mystère en pleine lumière (Robert Laffont, 1989), François Broche assure la présentation et l'annotation de cette autobiographie singulière et attachante.

 


Anna de Noailles, Le livre de ma vie, Paris, Bartillat, Juin 2008, 286 pages.


 

À quelques mois de sa mort prématurée, Anna de Noailles (1876-1933) se résout à écrire ses Mémoires. Elle n’aura pas le temps de mener cet ultime projet à son terme : Le Livre de ma vie sera, en fait, le récit d’une enfance et d’une adolescence à la fin du XIXe siècle. Naissance dans une famille princière venue des rives du Danube et du Bosphore, enfance aux bords de la Seine et du lac Léman, adolescence inquiète, désordonnée, ivre de poésie et de reconnaissance : la « petite Assyrienne » chère à Anatole France ne cache rien de ses émois, de ses rêves, de ses révoltes, de ses ambitions. La présente édition du Livre de ma vie est augmentée de deux textes peu connus : Ici finit mon enfance, avant-propos aux Poèmes d’enfance, et La Lyre naturelle¸texte d’une conférence demeurée inédite. L’ensemble compose un surprenant autoportrait de celle que Proust surnommait « une femme-mage » et Catherine Pozzi « la dame des exagérations éblouissantes ».
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 21:03
Lettres de Paris                                                                              


de Paul Morand

Mis en ligne : [23-02-2009]

Domaine : Littérature


 

Paul Morand (1888,1976) est un poète, romancier, nouvelliste et essayiste français. Diplomate de carrière (il fut ambassadeur à Bucarest, puis à Berne de 1940 à 1944) , éternel voyageur, il fut dans ses romans et ses nombreuses nouvelles le chroniqueur  brillant et impertinent de l'Europe de l'entre-deux-guerres. Après la guerre, il donne une nouvelle orientation à son oeuvre, se passionne pour l'histoire, et devient le modèle et le protecteur de la jeune génération d'écrivains qu'on appellera les Hussards. Il entra à l'Académie française en 1968. Parmi ses oeuvres : Ouvert la Nuit (1922), Fermé la nuit (1923), Lewis et Irène (1924), L'Europe galante (1926), Hiver caraïbe (1929), Londres (1933), La route des Indes (1935), L'Homme pressé (1941), Journal d'un attaché d'ambassade (1948), Hécate et ses chiens (1954), Fin de siècle (1957), Fouquet ou le Soleil offusqué (1961), Le nouveau Londres (1963), Monplaisir... en littérature (1967), Monplaisir ... en histoire (1969), Venises (1971). 

 


Paul Morand, Lettres de Paris, Paris, Arléa, Avril 2008, 246 pages.


 

Fondé à Chicago en 1880, The Dial devint dès 1920 un lien culturel essentiel entre l'Ancien et le Nouveau Monde, mais ce n'est qu'à partir de 1923 - et jusqu'en 1929 - que Paul Morand y rédigea, directement en anglais, ses Lettres de Paris, qui composent un véritable panorama de la littérature française et de la vie artistique de l'entre-deux-guerres. Destinées à des lecteurs américains cultivés, ces chroniques passent en revue tout ce qui comptait alors en France dans les domaines de l'art. Plus éclectique qu'à l'accoutumée, Paul Morand ne s'est guère trompé dans ses choix, que la postérité à presque toujours confirmés. Qu'il évoque Barrès, Huysmans, Proust, Cocteau, Delteil, Radiguet, Aragon, Giraudoux, Breton, Colette, Bernanos, Larbaud, Brancusi, Braque, Degas, Derain., on a l'impression qu'il a tout lu, tout vu, tout entendu, et ses jugements, étayés par un goût sûr et une curiosité toujours en éveil, nous font revivre avec enthousiasme cette période riche en créateurs.
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 21:02
Kamikaze d'été                                                  

 

de Stéphane Giocanti

Mis en ligne : [23-02-2009]

Domaine : Lettres



Stéphane Giocanti (né en 1967) est l'auteur de plusieurs biographies littéraires dont T. S. Eliot ou Le monde en poussières (J.-C. Lattès, 2002 ; prix de l'Académie française). Charles Maurras, le chaos et l'oeuvre (Flammarion, 2008). Il signe avec Kamikaze d'été son premier roman.

 


Stéphane Giocanti, Kamikaze d'été, Paris, Editions du Rocher, Janvier  2008, 198 pages.

 

Ce roman évoque d'abord l'engagement d'un aviateur comme kamikaze et sa mission finale au début de l'été 1945 - justifiant le titre. Mais cet aspect épique ne constitue qu'un premier volet et une première étape d'un problème familial qui se développe ensuite, pour renvoyer à la situation des générations japonaises au sortir de la guerre, et à leur difficulté de plus en plus aiguë à se comprendre entre elles. Asuka, la veuve du kamikaze, a héroïsé son époux et renonce au présent. Leur fils Naoki, n'ayant jamais connu son père, a plutôt fui cette mémoire gênante et vécu la vie ordinaire d'un étudiant. Peu à peu, Asuka a pris conscience du fossé qui s'est creusé avec son fils ; à vrai dire, elle se montre plus gênée par l'oubli de son père que par son homosexualité, dont elle a perçu les signes depuis longtemps. Elle décide de ne plus le revoir, provoquant la colère scandalisée de son beau-frère Koichiro et jetant Naoki dans le désespoir. L'enjeu, pour ce dernier, devient celui d'une réconciliation non seulement avec sa mère, mais aussi avec la figure de son père et avec l'histoire, en cette fin des années soixante où le Japon préfère tourner la page de la Seconde Guerre mondiale et vivre les enchantements du triomphe économique. C'est l'histoire de ces déchirures entre générations et de cette réconciliation qui tisse la trame du récit.
 
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 01:34
Qu'ai-je donc fait?                                                                            


de Jean d'Ormesson

Mis en ligne : [27-01-2009]

Domaine : Littérature



Jean d'Ormesson (né en 1925) est un romancier, essayiste et journaliste français. Normalien, agrégé de philosophie, il assure dans les années 70 la direction du Figaro  et entre à l'Académie française en 1973. Brillant, mélant humour, légèreté, et une immense érudition, il figure parmi les derniers représentants d'une certaine littérature française. Il a a notamment publié  La Gloire de l'Empire (1971), Au plaisir de Dieu, (1974), Mon dernier rêve sera pour vous - une biographie de Chateaubriand - (1982), Le bonheur à San Miniato (1987), Histoire du Juif errant (1991), La Douane de mer (1994), Une autre histoire de la littérature française (1997, 1998), Voyez comme on danse (2001), C'était bien (2003), Et toi mon cœur pourquoi bats-tu (2003), La création du monde (2006),  Odeur du temps (2007).

 


Jean d'Ormesson, Qu'ai-je donc fait?, Paris, Robert Laffont, Octobre 2008, 367 pages.


"Qu'ai-je donc fait? J'ai aimé l'eau, la lumière, le soleil, les matins d'été, les ports, la douceur du soir dans les collines et une foule de détails sans le moindre intérêt comme cet olivier très rond dont je me souviens encore dans la baie de Fethiye ou un escalier bleu et blanc flanqué de deux fontaines dans un village des Pouilles dont j'ai oublié le nom.

Je ne regrette ni d'être venu ni de devoir repartir vers quelque chose d'inconnu dont personne, grâce à Dieu, n'a jamais pu rien savoir. J'ai trouvé la vie très belle et assez longue à mon goût. J'ai eu de la chance. Merci. J'ai commis des fautes et des erreurs. Pardon. Pensez à moi de temps en temps. Saluez le monde pour moi quand je ne serai plus là. C'est une drôle de machine à faire verser des larmes de sang et à rendre fou de bonheur.

Je me retourne encore une fois sur ce temps perdu et gagné et je me dis, je me trompe peut-être, qu'il m'a donné comme ça, pour rien, avec beaucoup de grâce et de bonne volonté - ce qu'il y a eu de meilleur de toute éternité : la vie d'un homme parmi les autres. ".

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 00:16
Boutès                                                                               


de Pascal Quignard

Mis en ligne : [25-01-2009]

Domaine : Littérature


Pascal Quignard (né en 1948) est un écrivain français. Il a été lauréat du prix Goncourt 2002 pour Les Ombres errantes publié chez Grasset. Violoncelliste, il fonde le Festival d'opéra et de théâtre baroque de Versailles et écrit le scénario du film Tous les matins du monde. Parmi ses oeuvres récentes : Le salon du Wurtemberg (1986), La leçon de musique (1987), Les escaliers de Chambord (1989), L'occupation américaine (1994), Le sexe et l'effroi (1994), Terrasse à Rome (2000), Les ombres errantes (2002), Villa Amalia (2006).

 


Pascal Quignard, Boutès, Paris, Editions Galilée, Août 2008, 88 pages.



Une légende raconte que des marins attirés par le chant des oiseaux périraient sur les rives d'une île mystérieuse et que passant à proximité de l'île les navigateurs effrayés se remplissaient les oreilles de cire pour ne pas être déroutés et mourir. Ulysse qui souhaitait entendre le chant se fit attacher les pieds et les mains au mât de son navire. Boutès sauta.
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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 23:14
Le moment fraternité              

 

de Régis Debray

Mis en ligne : [19-06-2009]

Domaine : Idées


 

Né en 1940, Régis Debray est un écrivain et essayiste français.  Intellectuel engagé ,  il poursuit des réflexions sur le Sacré et le religieux d'une part, la force des idées, d'autre part. Il a récemment publié Aveuglantes lumières (Gallimard, 2006), L'Obscénité démocratique (Flammarion, 2007), Un candide en Terre sainte (Gallimard, 2008).

Régis Debray, Le moment fraternité, Paris, Gallimard, Février 2009, 367 pages.

 

Liberté, égalité, fraternité : "Les trois marches du perron suprême'', disait Victor Hugo. Peut-on encore accéder à la marche d'en haut sans retomber dans la terreur ou bien dans la niaiserie? Et comment, au royaume morcelé du moi je, retrouver le sens et la force du nous? C'est ce défi, peut-être le plus crucial de notre temps, que Régis Debray s'emploie à relever dans ce livre. Un nous durable faisant toujours référence à une sacralité, séculière ou révélée, il se demande d'abord ce que sacré veut dire, concrètement ; et les droits de l'homme se donnant comme l'expression contemporaine de la solidarité humaine, il ose examiner ce que cette nouvelle religion civile nous fait faire, actuellement. Ce pénible devoir accompli, Régis Debray dégage les voies d'accès à une fraternité sans phrases, qui puissent en faire autre chose qu'un fumigène : un labeur de chaque jour. Dans la conviction que l'économie seule ne fera jamais une société.
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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 22:48
Liberté, partout et toujours        

 

de Pierre-Joseph Proudhon

Mis en ligne : [22-06-2009]

Domaine : Idées

 

Pierre-joseph Proudhon (1809-1865), publiciste, économiste et philosophe français. Socialiste, théoricien du fédéralisme et de l'anarchie, il publia notamment : Qu'est-ce que la propriété (1840), Philosophie de la misère (1846), La Guerre et la Paix (1861), La Fédération et l'unité en Italie (1862).

Pierre-Joseph Proudhon, Liberté, partout et toujours, Paris, Belles lettres, Janvier 2009, 362 pages.

 

Un Proudhon certes foncièrement anarchiste, fédéraliste, anti-étatiste pour tout dire, mais parfois plus proche d'être un libéral anticapitaliste et antibourgeois qu'un socialiste et dont le combat constant pour l'émancipation de la classe ouvrière va de pair avec une rude opposition au communisme. Voici le Proudhon (1809-1865) que ce volume dévoile en bousculant nombre d'idées convenues à son sujet : entre autres, que la propriété est loin d'être forcément un " vol ". Ces textes sélectionnés, ordonnés et présentés par Vincent Valentin, maître de conférences à l'université Paris-I, soulignent le caractère complexe, souvent paradoxal et évolutif, d'une oeuvre foisonnante à laquelle le lecteur contemporain n'a plus directement accès depuis longtemps. Et dont la conception vive de la liberté individuelle qui l'irrigue donne toujours à penser.

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 23:40
Les vichysto-résistants
De 1940 à nos jours.           
                                                                            

par Bénédicte Vergez-Chaignon

Mis en ligne : [23-07-2009]

Domaine : Histoire


 

Bénédicte Vergez-Chaignon, docteur en histoire, a écrit notamment Le Docteur Ménétrel, (Perrin, 2002), Vichy en prison (Gallimard, 2006), Les Résistants (en collaboration avec Robert Belot, Larousse, 2006), Les Français au quotidien, 1939-1949 (en collaboration avec Eric Alary, Perrin, 2009).


Bénédicte Vergez-Chaignon, les vichysto-résistants, de 1940 à nos jours, Paris, Perrin, Septembre 2008, 773 pages.

 

" M. Mitterrand a un passé. " Les révélations sur les attaches du président de la République avec Vichy ont fait, voilà une décennie, l'effet d'une bombe. Perplexes ou choqués, les Français se sont demandé comment on pouvait prétendre avoir été à la fois résistant et partisan de Pétain. Le livre de Bénédicte Vergez-Chaignon est la première étude d'ensemble sur ce qui a constitué, pendant cinquante ans, un tabou. Grâce à de multiples archives ouvertes depuis peu, l'auteur dresse un panorama complet de cette résistance au profil très particulier puisqu'elle est née en 1940 autour du thème de la revanche militaire, et pas de la résistance. Au fil des pérégrinations idéologiques et des rapprochements tactiques, on voit notamment défiler le maréchal de Lattre, Marie-Madeleine Fourcade, Pierre Bénouville, Henri Frenay, André Bettencourt, Maurice Clavel, François Mitterrand et beaucoup d'autres, aujourd'hui moins connus. Ressurgit une nébuleuse qui a voulu concilier combat contre l'ennemi allemand et redressement national prôné par Pétain. Or, dès 1945, ce phénomène a été consciencieusement gommé jusqu'à devenir presque impossible à imaginer. En étudiant la manière dont s'est figée l'image d'une " Résistance " mythifiée, Bénédicte Vergez-Chaignon montre comment les vichysto-résistants se sont insérés dans la France d'après-guerre et comment les clivages ont évolué - après les procès de l'épuration, la guerre d'Algérie et les affaires Bousquet ou Papon. Richesse des sources, sûreté de l'analyse et péripéties multiples font de cette somme un ouvrage indispensable pour qui s'intéresse à la Seconde Guerre mondiale et à ses suites.

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 23:04
La marque du sacré                  
                                                                         

de Jean-Pierre Dupuy

Mis en ligne : [24-06-2009]

Domaine : Idées


 

Jean-Pierre Dupuy, ancien professeur à l'Ecole polytechnique, enseigne à l'Université Stanford. Il est notamment l'auteur de : L'Enfer des choses ; René Girard et la logique de l'économie (avec Paul Dumouchel, 1979) ; Le Sacrifice et l'envie (1992) ; Pour un catastrophisme éclairé (2002) ; La Panique (2003) ; Petite métaphysique des tsunamis (2005).

Jean-Pierre Dupuy, La marque du sacré, Paris, Carnets Nord, Janvier 2009, 279 pages.


Nous sommes tous religieux sans le savoir. Pire encore : parce que nous ne voulons pas le savoir ! C'est cet aveuglement paradoxal qui fonde la raison contemporaine. Ce livre, conçu comme un polar métaphysique et théologique, traque des indices, des traces : la marque du sacré dans des textes ou des arguments qui se prétendent uniquement rationnels. Avec la rigueur du logicien, mais aussi la passion du polémiste, Jean-Pierre Dupuy réveille les esprits empêtrés dans leur idéologie. La catastrophe (écologique, nucléaire, nano-bio-technologique. ) a commencé, mais notre refus du religieux nous empêche de la voir. Seule une perspective apocalyptique nous permet de comprendre que c'est le sacré qui nous a constitués. La désacralisation du monde nous apparaît ainsi pour ce qu'elle est : un processus inouï qui peut nous laisser sans protection face à notre violence, mais qui peut également déboucher sur un monde où la raison ne serait plus l'ennemie de la foi. Autobiographie intellectuelle, mais aussi analyse lucide des détraquements en cours, qui tous s'enracinent dans notre refus de voir le pire, ce livre s'ouvre par une interprétation de la panique financière de 2008 ; il se poursuit par une démystification des grandes formes de la rationalité moderne, incapables de gérer ce sacré qu'elles refoulent ; il se clôt enfin, dans une mise en abyme vertigineuse, sur une méditation autour de Vertigo, le chef-d'oeuvre d'Alfred Hitchcock.
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Revue trimestrielle
N°1 - 2009/01
 
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